La cyberpsychologie : une nouvelle pratique incontournable

Selon un article paru en Octobre 2012 dans Le Journal des Psychologues n° 301 et écrit par Cyrille Le Jamtel, la «cyperpsychologie» est devenue en peu de temps une pratique incontournable du paysage professionnel français.

Depuis une vingtaine d’année, de nouvelles modalités d’exercices de la psychologie sont apparues, par le biais du téléphone, puis d’internet.
Ces nouvelles modalités permettent de définir une pratique caractérisée par un cadre géographique et symbolique nouveau : le cyberespace.

C’est en prenant acte des mouvements sociétaux et de l’émergence de la cyberculture que la psychologie a progressivement pu s’ouvrir à la demande nouvelle des réseaux sociaux et des lieux d’échanges sur internet, comme nous le rappelle Yann Leroux : «La psychologie et la psychothérapie s’implantent sur l’internet d’abord comme objet d’échange avant d’être une pratique. Des groupes se forment, où l’on discute des différents aspects de la psychologie (…).»

En 2012, les possibilités d’accès aux ressources psychologiques documentaires et/ou thérapeutiques sont en progression et suivent en cela le développement de l’internet mobile et des Smartphone.
La cyberpsychologie se voit désormais assigner des fonctions plus étendues et plus variées (soutien, conseil, orientation, coaching ou psychothérapie).

Prenant en compte les diverses avancées technologiques dans le domaine des télécommunications, nous pouvons ajuster une nouvelle classification du cadre d’intervention psychothérapique.
Des associations de psychologue de langue anglaise distinguent 3 niveaux possibles d’exercice de la psychologie :
– en direct ou en «face à face»,
– à distance, avec support technologique audio de type téléphone,
– à distance, par internet au moyen d’e-mail, chat, webcam.

La Commission nationale consultative de déontologie des psychologues (CNCDP), instance créé en 1997 commence à être saisie de questions concernant la cyberpsychologie.
S’appuyant sur des principes généraux et reprenant les recommandations formulées par la CNCDP, il est possible de dégager cinq grands principes devant initier toute pratique cyberpsychologique :
– la vérification de l’identité du psychologue et de l’usager,
– le cadre géographique du lieu de la cyberconsultation : pour autant qu’il participe à l’instauration du cadre thérapeutique, le lieu de consultation est un élément qui ne devrait pas subir de modifications notables,
– la confidentialité des échanges : la cybercaméra (webccam) semble constituer le moyen technologique reproduisant le plus fidèlement possible l’échange d’une psychothérapie en milieu habituel,
– la conservation des données,
– la sécurisation du paiement.

Pour conclure, nous pouvons dire que la cyberpsychologie offre désormais, à bons nombres d’usagers, la possibilité de bénéficier de services d’un psychologue sans nécessairement le rencontrer physiquement.
La rencontre se fait sur un espace virtuel, plus projectif que créatif ; un cyberespace qui, depuis, depuis son origine entend jouer le rôle de matrice au sens de William Gibson, d’ « espace potentiel » au sens de Donald W. Winicott.

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