Avantages et inconvénients de la cyberpsychologie

Selon un article paru en Octobre 2012 dans Le Journal des Psychologues n° 301 et écrit par Patrick Cohen, avec l’arrivée de la cyberpsychologie, de nouvelles questions vont être posées :
Quel impact produit ce nouvel espace virtuel dans l’exercice du psychologue ?
Qu’est-il possible de préconiser pour la pratique en ligne ?

Un monde sans internet est difficilement imaginable.
Ainsi, la question qui se pose aujourd’hui n’est plus pour ou contre internet mais “comment” et dans quelles conditions ?

A l’espace physique traditionnel a été adjoint un nouvel espace virtuel, numérique.
Nos comportements commencent à être durablement modifiés par cette nouvelle chimère qu’est le physico-virtuel.
Il est probable que l’exercice du métier de psychologue soit modifié dans les années à venir. Cela n’a rien inquiétant puisque c’est le lot de tout métier de s’adapter aux évolutions sociales. Il semble néanmoins important de s’y préparer.

Y a-t-il un avantage à utiliser internet ?
Nous avons identifié quatre types de bénéfices plus spécifiques à l’exercice professionnels des psychologues :
l’accès libre et “gratuit” à des gisements d’informations. Comme tout un chacun, le psychologue peut ainsi accroître ses connaissances, alimenter sa réflexion.
via les blogs ou forums, il existe une possibilité exponentielle d’accroître les échanges thématiques et professionnels. Sachant que la profession de psychologue reste encore une pratique solitaire, cette nouvelle forme d’échanges en constituerait une compensation non négligeable

Du côté des usagers :
certaines personnes, en raison de leur situation matérielle (éloignement géographique, lieu peu accessible) ne peuvent avoir un libre accès aux psychologues. Ainsi, la dématérialisation de la relation permet que s’établisse un lien,
certaines personnes qui pourraient avoir du mal à être en relation immédiate et directe avec les psychologues pourraient désormais, par le truchement de ce canal, apprivoiser cette relation.

Inconvénients de la cyberpsychologie dans la relation à l’usager
L’inconvénient le plus évident est la non-inclusion spatiale des deux protagonistes.
Avec une rencontre dématérialisée, le psychologue se coupe de certaines données qui favorisent une meilleure compréhension de l’autre.

La cyberpsychologie : une nouvelle pratique incontournable

Selon un article paru en Octobre 2012 dans Le Journal des Psychologues n° 301 et écrit par Cyrille Le Jamtel, la «cyperpsychologie» est devenue en peu de temps une pratique incontournable du paysage professionnel français.

Depuis une vingtaine d’année, de nouvelles modalités d’exercices de la psychologie sont apparues, par le biais du téléphone, puis d’internet.
Ces nouvelles modalités permettent de définir une pratique caractérisée par un cadre géographique et symbolique nouveau : le cyberespace.

C’est en prenant acte des mouvements sociétaux et de l’émergence de la cyberculture que la psychologie a progressivement pu s’ouvrir à la demande nouvelle des réseaux sociaux et des lieux d’échanges sur internet, comme nous le rappelle Yann Leroux : «La psychologie et la psychothérapie s’implantent sur l’internet d’abord comme objet d’échange avant d’être une pratique. Des groupes se forment, où l’on discute des différents aspects de la psychologie (…).»

En 2012, les possibilités d’accès aux ressources psychologiques documentaires et/ou thérapeutiques sont en progression et suivent en cela le développement de l’internet mobile et des Smartphone.
La cyberpsychologie se voit désormais assigner des fonctions plus étendues et plus variées (soutien, conseil, orientation, coaching ou psychothérapie).

Prenant en compte les diverses avancées technologiques dans le domaine des télécommunications, nous pouvons ajuster une nouvelle classification du cadre d’intervention psychothérapique.
Des associations de psychologue de langue anglaise distinguent 3 niveaux possibles d’exercice de la psychologie :
– en direct ou en «face à face»,
– à distance, avec support technologique audio de type téléphone,
– à distance, par internet au moyen d’e-mail, chat, webcam.

La Commission nationale consultative de déontologie des psychologues (CNCDP), instance créé en 1997 commence à être saisie de questions concernant la cyberpsychologie.
S’appuyant sur des principes généraux et reprenant les recommandations formulées par la CNCDP, il est possible de dégager cinq grands principes devant initier toute pratique cyberpsychologique :
– la vérification de l’identité du psychologue et de l’usager,
– le cadre géographique du lieu de la cyberconsultation : pour autant qu’il participe à l’instauration du cadre thérapeutique, le lieu de consultation est un élément qui ne devrait pas subir de modifications notables,
– la confidentialité des échanges : la cybercaméra (webccam) semble constituer le moyen technologique reproduisant le plus fidèlement possible l’échange d’une psychothérapie en milieu habituel,
– la conservation des données,
– la sécurisation du paiement.

Pour conclure, nous pouvons dire que la cyberpsychologie offre désormais, à bons nombres d’usagers, la possibilité de bénéficier de services d’un psychologue sans nécessairement le rencontrer physiquement.
La rencontre se fait sur un espace virtuel, plus projectif que créatif ; un cyberespace qui, depuis, depuis son origine entend jouer le rôle de matrice au sens de William Gibson, d’ « espace potentiel » au sens de Donald W. Winicott.