Soigner avec les jeux vidéos – médiation ou médiateur

Toujours dans son livre, Mon psy sur internet ,Yann, Leroux, explique que les jeux vidéos peuvent être utilisés comme des médiations ou comme des médiateurs.

Le jeu vidéo utilisé comme médiation
Lorsqu’il est utilisé comme médiation, le psychologue l’utilise comme un facilitateur de relation.
Dans certains cas, l’engagement dans la relation thérapeutique est difficile, par exemple, du fait de processus d’inhibition. Ainsi, le fait de parler des jeux vidéos va alors être une issue.
Cela va permettre au psychothérapeute de s’intéresser aux mouvements psychiques de ses patients et de tenter de trouver avec lui ce qui le motive essentiellement dans les jeux vidéos.
De la même manière, la façon dont l’enfant joue aux jeux vidéo est riche d’enseignements. Le style de jeu est en effet à l’image des traits de personnalité de chacun.

Le jeu vidéo utilisé comme médiateur
Dans, ce cas, c’est le dispositif concret qui va être utilisé, non plus les pratiques de jeu rapportés en parole.
L’immersion et la stimulation sont utilisées pour proposer au patient des situations dont le caractère anxiogène peut être maîtrisé.
Le psychologue travaille sur plusieurs plans. Il traite les images du jeu vidéo comme si il s’agissait du rêve du patient. Il prête également attention aux attitudes psychiques du joueur devant les images qu’il produit. Enfin, le psychologue attend du joueur qu’il soit capable de raconter ce qui est vécu à l’image.

Soigner avec les jeux vidéos – 3 grands domaines explorés

Toujours dans son livre, Mon psy sur internet ,Yann, Leroux, explique que les jeux vidéos sont utilisés principalement avec des enfants, probablement parce que les psychothérapeutes d’enfants ont l’habitude de travailler avec des médiateurs.
En effet, la technique du jeu a été inventé par la psychanalyste Mélanie Klein pour les enfants parce que ceux-ci ne disposent pas des mêmes moyens ni des même capacités de raisonnement que les adultes. Le jeu donne un accès presque direct à l’imaginaire de l’enfant.

Dans le cas des psychothérapies psychanalytiques, les jeux vidéos sont utilisés parce qu’ils permettent au joueur de mettre en scène, à l’intérieur du jeu et dans les interactions avec le matériel, des aspects de sa personnalité ou des relations qu’il a construites avec ses proches.

Trois grands domaines ont été explorés :

La dynamique imaginaire
Jouer avec un jeu vidéo, c’est d’abord jouer avec un mythe.
Tout d’abord, il permet de retrouver le mythe de l’esprit immortel.
Le jeu vidéo va également permettre de retrouver la figure du héros. Les héros des jeux vidéos sont utiles aux enfants de trois manières différentes. Premièrement, le héros débute l’aventure avec peu de pouvoirs et ceux-ci augmentent peu à peu. De même que les pouvoirs de l’enfant vont augmenter avec son développement. Deuxièmement, le héros est celui qui rend le monde intelligible, en faisant apparaître les forces qui le modèlent. Dernièrement, le héros se transforme au fil des épreuves. Il va acquérir un nouveau statut tout en restant fidèle à ses engagements premiers.
Pour l’enfant, nous pouvons parler de soutien au “travail de grandir” puisqu’il va pouvoir s’identifier à un personnage.

Le rapport au corps
Les jeux vidéo sont également une “recherche du corps perdu”.
Les joueurs goûtent aux joies du changement d’identité et d’apparence dans leurs jeux.

Le rapport aux figures idéales
Les jeux vidéo sont porteurs de l’idéal du moi du joueur, c’est-à-dire de ses aspirations grandioses en accord avec les valeurs et l’éthique de sa culture. Ils présentent le modèle auquel il faut se conformer pour être aimé et reconnu de sa société.

Pour conclure, nous pouvons dire que les histoires des jeux vidéo, les interactions sensorimotrices et fantasmatiques qu’ils proposent en font un dispositif symbolisant, c’est à dire apte à transformer des éprouvés en représentations en affects. Ils sont ainsi un support de travail psychique. Ce sont des occasions de contact avec la vie imaginaire inconsciente collective, l’image du corps et de soi et une mise à l’épreuve des valeurs de chacun.

Soigner avec les jeux vidéos – Les publications

Je voudrais vous parler de l’utilisation des jeux vidéos dans un cadre thérapeutique.

Yann, Leroux, explique dans son livre Mon psy sur internet que les psychothérapeute d’enfants ont été les premiers à relever l’intérêt des jeux vidéo dans un cadre de soin de rééducation. Mais ces utilisations n’ont pas fait l’objet de publications.

Les jeux vidéos ont été utilisé dans deux cadres théoriques différents.
D’une part, dans celui des théories de l’apprentissage et du conditionnement utilisé par la thérapie cognitive et comportementale (TCC).
Et d’autre part, dans celui de la psychologie psychodynamique, héritière de la psychanalyse inventée par S. Freud. Dans ce contexte, le psychothérapeute va chercher à comprendre, avec son patient, au travers des jeux vidéo la manière dont il comprend le monde et dont il construit ses interactions.

Evenlyn Esther, psychomotricienne, a insisté sur l’interactivité des images qui permet aux enfant de s’approprier un objet d’adulte tout en leur donnant l’illusion que “ça marche tout seul”. La machine va être appréhendée comme un partenaire presque vivant, sans faille, sans limites, et d’une disponibilité totale.
Henrick Garrel et Daniel Calin, rééducateurs en psychopédagogie, ont utilisé les ordinateurs et les jeux vidéos pour leur capacité soutenir les apprentissages.

Bernard Guillot a proposé à des enfants en Institut Médico-Educatif (IME) toute une série de jeux vidéo et a noté les effets que cette médiation peut apporter : antidépresseurs, cohésifs, reconnaissance de l’altérité. Il va appeler cette thérapie assistée par ordinateur : la “Psya0”.

François Lespinasse et José Perez ont animé un “atelier jeu vidéo” dans un hôpital de jour bordelais qui accueillait des enfants présentant des problématique autistiques et psychotiques. Ils ont relevé les effets de socialisation qui se produisent autour du jeu vidéo. L’activité sera très régulée. Le dispositif a davantage été construit comme une aide à la socialisation et outil de remédiation que comme dispositif psychothérapeutique.

Michael Stora, psychologue, psychanalyste, est celui qui a porté les jeux vidéos dans l’espace public et dans les pratiques professionnelles. Dans ses consultations médico-psychologique, il a proposé à des enfant de jouer à des jeux vidéo. Il repère ainsi la mise en scène de fantasmes inconscients des enfants.

Les thérapies en ligne sont-elles efficaces ?

Je vous conseille un livre très intéressant sur la thérapie en ligne.

Il s’agit de Mon Psy sur Internet écrit par Yann Leroux.
Une réponse positive y est donnée à la question suivante : “les psychothérapies en ligne sont-elles efficaces ?”.


Concernant la psychothérapie, les éléments comme l’empathie, la chaleur du thérapeute et la qualité de la relation entre le thérapeute et le patient pèsent davantage que la technique utilisée. Il semble essentiel de souligner le fait que la qualité de la relation qui se tisse entre le thérapeute et son patient est particulièrement importante.

Outre le taux de satisfaction élevé, il a été constaté que l’alliance thérapeutique se développe également dans le cadre des thérapies à distance.
Ce constat a été fait, de manière empirique, par les premiers psychothérapeutes qui ont noté l’importance des relations transférentielles sur Internet.
De même, Norman Holland a remarqué qu’Internet suscite des conduites régressives. Et, c’est cette régression qui rend compte des conduites agressives, mais aussi de la générosité et de l’ouverture que l’on peut y observer. Ce sont ces deux derniers points que nous retrouvons également dans une alliance de travail thérapeutique positive.
Ansi, l’alliance thérapeutique se développe dans le cadre des thérapies à distance. C’est ce que nous montre un exemple de patients traités pas visioconférence pour un syndrome de stress post-traumatique (SSPT) et qui ont établi avec leurs thérapeutes une alliance thérapeutique d’aussi bonne qualité que ceux qui ont été reçu en face à face. (Vanessa Germain, André Marchand, Stéphane Bouchard, Stéphane Guay et Marc-Simon Drouin, “Cyberpsychology, Behavior, and Social Networking”, Mary Anne Liebert (éd.) vol. 13, n°1,11 février 2010, disponible sur phys.org)

Azy Barak a établi une méta synthèse à partir d’étude réalisées depuis plus de 10 ans et à la question “les psychothérapies en ligne sont-elles efficaces ?” elle permet de répondre “oui”.
L’effet thérapeutique ne dépend pas du dispositif ou de la technique utilisée. Les dispositifs synchrones comme la visioconférence, asynchrones comme le mail, les thérapies cognitivo-comportementales ou psycho dynamiques ont été testés avec les mêmes résultats.

Le corpus de recherche montre donc que les thérapies en ligne sont une modalité d’intervention valable et efficace pour les patients.